► Pèlerinage à Compostelle

(partie française)
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Ultreia ! Ultreia ! E sus eia Deus adjuva nos !

Entre l’Ascension et la Pentecôte 2012, notre groupe d'une dizaine de pèlerins, venant des quatre coins de notre diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier, a pris la route de Saint-Jacques-de-Compostelle. Nous avons parcouru à pied près de 200 km, à travers sentiers et chemins sous la houlette du Père Maurice GAUTIER, notre guide et animateur spirituel, assisté de Michel MÉGRET, un familier de ce pèlerinage, pour l’avoir parcouru plusieurs fois. Michel, maître de toute la logistique et chauffeur du petit car, a choisi les tronçons les plus typiques de la route à faire à pied, environ 20 km par jour, entre deux étapes. Il transporte aussi les sacs de voyage à bon port avec son petit bus jusqu’à l’hébergement du soir, pour notre meilleur confort.

Partis du Puy-en-Velay sous la protection de Notre Dame, après la bénédiction des pèlerins dans la cathédrale, nous affrontons la tempête, le froid et le vent dans les monts du Velay. Au soir de la première étape à Saugues, le mauvais temps arrive. Avec la pluie, les petits ruisseaux du plateau de l’Aubrac se transforment vite en torrents, et les prairies en marécages sous les pieds détrempés. Pluie, boue, argile sont au rendez-vous, obligeant les pèlerins à escalader haies et talus tout en se battant contre les moustiques. Le soir il nous faut bourrer les chaussures de journaux pour repartir le lendemain les pieds un peu au sec. Les Religieuses du Couvent du Malet à Saint-Côme-d’Olt, ont leur réserve de vieux journaux « La Croix » destinés à cet usage.
Le Chemin continue à travers les campagnes de l’Aveyron, en passant par la petite ville médiévale d’Estaing.
Le chemin vers le vieux village de Conques est encore bien inondé. Pas même un rayon de soleil pour admirer l’église Abbatiale, avec son fameux tympan sculpté, représentant le Jugement dernier. Les célèbres vitraux de l’abbaye, en dégradé de blanc et gris, œuvre de l’artiste Pierre Soulage, n’illuminent pas la nef de ce superbe vaisseau de pierre, trésor et lumière du Roman.
Enfin au matin du quatrième jour, un soleil timide revient dans les collines du Quercy, malgré les chemins restés boueux et glissants. Mais vite un soleil resplendissant enchante le granit et la brique de l’Abbatiale de Moissac. Elle est célèbre par son cloître, joyau d’art médiéval, où l’histoire de l’Ancien et du Nouveau Testament, se conjugue dans la pierre gravée sur chaque pilier.
Les campagnes du Béarn et de l’Armagnac dévoilent aux marcheurs les richesses du patrimoine religieux, et culturel avec ses petites églises insolites et villages restés comme autrefois, tout au long de ce chemin parcouru, depuis plus de mille ans, par tant de pèlerins, en quête de rencontres, d’aventure et de recherche d’absolu.
Toujours sous un soleil de plomb, c’est le passage par Ostabat, joli village basque typique, point de jonction des différents chemins venant du Puy, de Vézelay et de Tours, qui se réunissent ici avant de continuer vers Compostelle.
Quelques encablures plus loin, les murailles de Saint-Jean-Pied-de-Port, se dessinent devant les montagnes des Pyrénées. Rentrer dans la cité, par la porte Saint-Jacques, ouverte dans les remparts, et faire estampiller sa créanciale à la maison des Amis des chemins de Saint-Jacques est tout un symbole pour le pèlerin. Puis c’est l’Eucharistie à l’église Notre-Dame-du-Bout-du-Pont, qui clôture la journée, avant la dernière étape, qui est la traversée des Pyrénées.
    
Dimanche de Pentecôte, c’est l’ultime et longue montée, par le chemin de Roland jusqu’au col de Roncevaux, avant de redescendre en Espagne jusqu’à l’Abbaye.
C’est là le point de départ de la route espagnole vers Compostelle ;  nous irons prier Saint Jacques, là bas, l’an prochain.

Tout au long du chemin, des haltes spirituelles rythment notre marche, soit au creux d’un vallon sous un arbre, ou une prière dans la chapelle d’un hameau, remplie d’histoire des siècles passés. Au milieu d’une nature en plein épanouissement, des temps de recueillement, de partage d’Évangile rappellent aux pèlerins que la Parole de Dieu ne se vit pas uniquement à l’église, mais dans la vie quotidienne, au contact et au service de tous les hommes. Chaque rencontre de l’autre est un évènement particulier.

De nombreux échanges ont lieu avec d’autres pèlerins rencontrés sur la route, et dans les gites d’accueil, ou le soir au cours du repas partagé tous ensemble..
La célébration de l’Eucharistie, tôt le matin à l’abbaye de Conques avec les moines prémontrés, ou l’office des vêpres avec les moniales à Moissac resteront des moments privilégiés.
Un esprit d’amitié, de vraie fraternité et de grande communion a été ressenti par tous les pèlerins, autour de leur Pasteur.

Le soir de la Pentecôte, la Force de l’Esprit Saint descend sur tous, invitant chacun à reprendre le chemin d’Emmaüs avec le Christ, et après l’avoir reconnu, à oser avec lui, à avancer toujours plus loin pour lui, et continuer d’être son témoin et vivre en vrai chrétien. 

Jean-Pierre Lascève

Direction des pèlerinages du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier • 7 rue Jules Verne • 22000 SAINT BRIEUC • Tél. 02 96 68 13 50 • adpelerinage@diocese22.fr

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